Entretien avec Marie-France Motte

Description

Marie-France Motte travaillait au service d’éducation permanente à la Villeneuve, notamment à l’alphabétisation.

Date : 6 juin 2017
Lieu : Studio Guy Diard à la Maison des Habitants le Patio à Grenoble
Entretien : Gilles Bastin
Enregistrement, montage, transcription : Logan Charlot

Transcription de l’entretien

Est-ce que vous pouvez nous raconter comment dans les années 70 vous arrivez dans le quartier de la Villeneuve ?

On arrive d’Algérie, on est parti en Algérie en coopération civile une année auparavant, 69 il me semble, pour théoriquement y rester, et puis ça s’est mal passé pour des raisons de santé, il faut rentrer, enfin on pense qu’il faut rentrer en France, et c’est une époque où on trouve du boulot à peu près partout quand même, donc on fait ces choix de travail, en sachant que c’est mon mari qui va d’abord chercher, puisque moi je suis fonctionnaire de l’Éducation nationale donc je pense pouvoir trouver un boulot après, là où il en trouvera. Les femmes suivent. Voilà. Donc on a hésité, on avait trois villes en tête : Strasbourg, Nantes et Grenoble, et on pensait faire le tour des trois villes avant de choisir et puis en fait on a commencé par Grenoble et on a eu un petit peu le coup de foudre, on s’est dit mais là il y a des choses intéressantes, pourquoi aller plus loin. Donc on débarque fin août 70. Mon mari a trouvé du travail à l’Agence d’urbanisme, ce n’est pas encore en plein, enfin le projet Villeneuve est déjà bien enclenché, donc il va y participer de son côté, et moi-même je suis en congé de maternité et j’ai décidé de prolonger ce congé, un parce que j’ai des raisons de santé, mais du coup avoir une espèce d’année sabbatique, même si elle ne porte pas le nom, je suis libre de tout engagement, je vais traîner mes guêtres un peu du côté de ce qu’on appelle l’équipe qui travaille sur le projet Villeneuve, parce que ça me semble quelque chose d’intéressant. Les questions d’éducation m’intéressent particulièrement et j’ai croisé Raymond et Rolande Millot à Échirolles, on habite dans deux appartements contiguës, et m’incitent à aller voir de ce côté-là, donc on est allé. On habite à Échirolles qui à l’époque, c’est tout au bout de ce qu’on appelle village d’aujourd’hui, ça n’a strictement rien à voir, on est vraiment isolé là-bas, si on n’a pas un véhicule, on est vraiment isolé. Je vais pour ma part passer pas mal de temps dans au pavillon qui est la cellule un peu de réflexion et de d’opération pour le quartier, qui dépend de la SADI je crois. C’était un espèce de préfabriqué qui est basé du côté du Village Olympique. Donc je me familiarise un peu, je fais connaissance avec un certain nombre de personnes, pendant que mon mari part ailleurs, lui complètement, professionnellement engagé, donc comme on a de la communication, on échange nos impressions sur cette affaire. Très vite, on a envie de se rapprocher puisqu’Échirolles c’est pas très loin, mais c’était loin à l’époque, donc on vient habiter avenue Marie Reynoard, enfin oui les bâtiments qui existent toujours qui, dans un premier temps, feront partis de la Villeneuve, plus ou moins, mais dans un premier temps sont plutôt branchés sur le Village Olympique mais du moins pour les écoles. Nous on a deux petits enfants à l’époque, deux petites filles, et elles vont à l’école au Village Olympique et rien n’existe encore de l’Arlequin. Le début de l’Arlequin, le numéro 10 va commencer à sortir de terre, mais c’est encore du chantier. Et donc, à mesure que l’Arlequin se construit, la première école va se construire aussi, l’école des Buttes, donc nos deux filles aînées font leur rentrée à l’école maternelle, on est vraiment tout de suite sur le quartier comme habitant je dirai, et déjà, mon mari complètement impliqué professionnellement et moi-même, intéressée et mère de famille, parent d’élèves et aussi peut-être quelque chose, je ne sais pas encore, mais qui va s’inventer puisque je vais finir par avoir après quelques mois de travail, enfin de travail, après quelques mois d’activités bénévoles, puis finalement la ville de Grenoble qui me fait un mi-temps pour travailler, enfin ce que moi j’en retiens, le souvenir que j’en ai, la Villeneuve, une ville en éducation permanente, et moi ce mot d’éducation permanente me touche beaucoup, enfin me concerne beaucoup, je pense que j’étais prof de philo et il y a pleins de gens qui n’arrivent jamais à l’époque en classe terminale au lycée, il y a pleins de gens qui ont décroché. En Algérie j’ai été prof mais j’ai aussi fait de l’alphabétisation, je suis préoccupée par la question de l’éducation pour les gens qui n’ont pas toutes les billes entre les mains. Et ça me semble un lieu, on ne sait pas trop ce que c’est, mais un lieu où il va se passer des choses. Mais ceci dit il me semble, enfin autant que je puisse le dire aujourd’hui, l’idée que ça va être une expérience exceptionnelle à tout [inaudible] c’est la vie c’est normal qu’on invente, on est à Grenoble, mais ailleurs ça aurait été pareil, je n’ai pas ce sentiment de quelque chose d’exceptionnel, mais de tout à fait intéressant sûrement. Voilà l’arrivée sur le quartier.

Quelle était l’ambiance dans ces équipes qui préparaient la Villeneuve ?

D’abord ce qui est intéressant c’est que c’est vraiment des équipes pluridisciplinaires, c’est peut-être ça qui est le plus original. On a rassemblé, dans le moment de la conception du quartier, des gens qui sont de l’éducation mais d’autres qui sont de la culture. D’autres évidemment qui sont des architectes, des urbanistes, mais aussi des gens de l’audiovisuel, des gens de l’action sociale, des médecins, enfin pour moi la richesse de ce démarrage c’est que des gens venant d’horizons très différents, mais en connivences, en cohérence, travaillent ensemble et se décloisonnent un peu. Ça va être dans le projet d’architecture de décloisonner, mais aussi dans la tête on se décloisonne un petit peu, on va travailler avec d’autres et les premiers moteurs que vous avez vu, ils ont dû être identifiés, on a tous des noms dans la tête, l’équipe première, mais très vite elle va s’étoffer, entre Bertrand Petit, Daniel Populus, Bonneville pour l’éducation, les Millot pour l’école élémentaire et, j’en oublie plein mais tous ces gens-là vont très vite eux-même constituer un peu leur petit staff, enfin je pense en recrutant assez vite des assistants, des conseillers, des je ne sais pas… enfin dans l’équipe d’urbanisme c’est sûr, l’architecte elle est très vite étoffée, mais les autres aussi s’étoffent et c’est quand même cette époque qui est relativement ouverte, mais s’il y a des caractères assez trempés et que c’est pas toujours souriant, enfin il y a quelques têtes là dans tout ça, et il y a de la controverse, mais il y a du débat. Mais ça se construit ensemble, et je pense que très vite aussi, enfin moi c’est le souvenir que j’ai, c’est que dès qu’emménageront les premiers habitants à l’Arlequin, donc 10-20, je pense que ça a été ces deux montées sûrement, très vite les habitants vont être associés, c’est quand même dans cette idée de départ que le quartier va se construire aussi avec les gens qui y habitent, ce qui est sans doute original pour l’époque j’imagine, parce qu’en général on emménage et puis les choses sont faites, les équipements sont faits. Par exemple moi j’ai le souvenir précis, parce que ça m’a concernée je m’en souviens, les crèches, comment on va faire pour faire une crèche, alors que la première crèche prévue n’est pas au 10 ou au 20, elle est un peu plus loin dans les équipements. Il n’y a pas de crèche, il faut bien une crèche parce que c’est plein de ménages qui arrivent avec des petits enfants, et ben la crèche en appartement ça semble peut-être banal aujourd’hui, il y en a plein, mais c’est vrai que faire une crèche en appartement ce n’est pas dans les normes, les normes il y en avait déjà, ça ne date pas d’aujourd’hui les normes très contraignantes. Donc on va faire une crèche, elle ne sera pas au 10, au 20, mais le plus vite possible on va trouver, adouber deux appartements pour que ce soit assez grand, ce ne soit pas trop loin pour en descendre, les petits puissent aller jouer quand même au sable, à l’époque on pouvait jouer dans le sable, et donc on invente tout ça un peu en fonction des contraintes, en fait tout n’est pas totalement figé et les habitants sont écoutés.

Quelle était la place de Daniel Populus et de la logique audiovisuelle, de communication ?

Populus c’est une [rires]… Je vais me méfier de mes propos puisque… voilà mais c’est quand même une forte personnalité, une grande gueule je dirais même. Populus on l’entend dans les débats et il entend bien montrer que l’audiovisuel a toute sa place dans cette affaire, ce n’est pas quelque chose qu’on vient rajouter, ce n’est pas la troisième, la quatrième roue de la charrette, ou la cinquième, je ne sais plus, c’est à part entière, donc l’idée du câble qui reliera tous les appartements, une façon à la fois de relier les habitants entre eux, mais aussi d’aller chez eux, finalement de leur renvoyer des émissions qu’ils le veuillent ou non je dirais, le câble fonctionne, donc ils recevront les informations et effectivement il y a quand même cette envie que ça soit à double sens, que les gens puissent aussi avoir des conceptions de certaines émissions, exprimer ce qu’ils leur importent. Non l’audiovisuel est très présent, alors c’est vrai qu’il y a des choses qu’on n’a peut-être plus parlé à une époque qui était sur l’école, l’école parce que quand les gens arrivent dans un quartier, c’est vrai que c’est une préoccupation forte s’ils ont des enfants, mais c’est quoi comme école ici, et cette école ouverte, elle fascine, elle étonne, elle fascine, elle rebute, elle pose question donc ça fait que la question de l’éducation a sûrement été encore plus prégnante que l’audiovisuel, mais je pense que l’audiovisuel ce n’était pas du tout à la marge. Et puis il y avait Populus, il me semble qu’Olivier Hollard devait très vite être là aussi, il y avait d’autres personnes dont j’oublie le nom, mais oui ils avaient du tempérament, ils en voulaient, c’étaient des animateurs, ce n’étaient pas d’abord des techniciens il me semble.

Et c’était partagé ? Notamment par les urbanistes ?

Oui je pense qu’il n’y avait pas de… il a pu se faire peut-être par moments, rentré dedans par certains, enfin je veux dire, un peu vulgairement, mais globalement il était vraiment apprécié je crois, et la cause même elle était entendue, il n’y avait pas de… je pense moi je n’ai jamais entendu dire : “bah c’est complètement farfelu cette histoire, ça va encore couter, ça va pas marcher”, non il y avait peut-être même une certaine naïveté, comme la suite nous le montrera.

À l’époque il y a un projet très théorique sur les équipements intégrés, la ville nouvelle, la communication rentre là-dedans, comment est-ce que vous perceviez ça ?

Il y a une espèce de volontarisme, c’est sûr que parce qu’on a fait des coursives, forcément les gens vont se parler dans la coursive, parce qu’on a ouvert l’école, on va remédier à beaucoup des malheurs de l’école, il n’y a théoriquement plus d’échec scolaire possible dans des écoles comme ça. Enfin dans la théorie c’est quand même en toile de fond et la suite nous montrera qu’il y a encore de l’échec scolaire malgré tout, même s’il y a eu beaucoup de choses très positives de faites mais oui je pense que c’est très volontaire, mais c’est très vite aussi étoffé, soutenu par une partie des habitants qui pousse cette cause, enfin qui est venue très volontairement là pas simplement parce qu’ils avaient besoin de se loger, la qualité des logements est appréciée, mais l’organisation et le projet est repris par une classe moyenne supérieure, enfin je ne sais pas comment il faut la qualifier, et pas seulement, puisque les conditions d’accès aux logements sont quand même tellement favorables qu’il y a une partie de militants, on dirait ouvriers, la classe ouvrière à l’époque, je pense qu’ils se seraient nommés comme ça, milieux populaires qui viennent aussi ici et une partie d’entre eux aussi adhèrent à cause très vite, c’est les militants de la CSF, c’est les militants ouvriers, qui sont quand même très nombreux. Et puis il y a peut-être aussi à cette époque, enfin je sais pas s’ils ont joué un rôle, mais quand même c’est étonnant, on est dans la la mouvance de 68 quand même, ce n’est pas si loin, ce n’est pas encore tout à fait terminé, il y a tout une série de gens qui ont quitté l’église par exemple, il y a un nombre d’anciens prêtres à la Villeneuve, enfin je ne sais pas si on en a fait le recensement mais c’était impressionnant, c’est quand même des gens qui ont un certain profil et qui viennent à la Villeneuve et vont y travailler pour certains comme éducateurs par exemple. Il y a un nombre d’éducateurs prêtres, anciens prêtres… Il y a d’autres gens qui ne sont pas retournés à la campagne, n’ont pas été faire élever les chèvres mais c’est encore un lieu ici où on peut être un petit peu dans cette mouvance, d’avoir le sentiment qu’on n’a pas renié toutes ses convictions. Voilà je pense que ça c’est des gens qui sont assez nombreux, je pense un peu plus inclassables, qui ne s’affichent pas forcément, et puis il y a dans les gens qui auront été importants, mais je crois que beaucoup des choses ont été dites, les médecins, la médecine à la Villeneuve, enfin les centres de santé, le premier centre de santé est très très important. Et là aussi, enfin je ne sais pas si vous voyez comment a été constitué la première équipe du centre de santé, il y a des films là-dessus, mais ce sont aussi des gens qui sont revenus d’Algérie et ils sont… c’est un peu, enfin c’est pas une bande de copains, c’est pas comme ça que je pourrais le qualifier, mais quand même des gens qui se connaissent, qui arrivent à plusieurs pour faire vivre ce centre. Dans les écoles les nominations sont plus compliquées, parce que même si c’est sur la base d’un volontariat, je ne suis pas sûr qu’il y ait eu les équipes constituées, enfin elles se sont constituées mais ce n’est pas des gens qui sont arrivés à 6 pour dire on prend les Bouleaux, ou on prend le Lac, je ne crois pas.

Et vous disiez que ce n’est qu’une partie des habitants ?

Oui. Alors une partie, certains habitent aussi le quartier. Les médecins au démarrage ils sont assez nombreux à habiter… oui il y a sans doute des gens qui n’habitent pas le quartier… Moi, personnellement j’ai fait le choix, de ne pas habiter l’Arlequin, à partir du moment où j’y travaille je n’ai pas envie d’habiter et de travailler dans le même lieu, et puis je n’habite pas très loin.

Et votre parcours à partir de ce moment-là ?

Alors moi mon parcours, bon j’ai pas mal de chance je trouve parce que d’abord, j’ai cette année de transition pour prendre mes marques à Grenoble, découvrir la ville, pouvoir imaginer, je ne sais pas ce que va être la suite… j’aurais un poste Éducation nationale vraiment de l’Éducation nationale au bout de quelques mois et c’est un poste qui sera atypique pendant très longtemps, à un moment donné il faudra le faire rentrer dans quelque chose, parce que ça ne peut pas durer dans l’éducation d’avoir un poste tout à fait atypique, mais il était assez unique, c’est un dénommé Vatier qui l’avait créé, pour qu’à la Villeneuve il y ait un poste d’éducation permanente. C’était un moment où il a été créé avant la création des GRETA. Les GRETA sont la structure formations d’adultes du secondaire, mais au moment où mon poste est créé il n’est pas pour un GRETA, après je serai récupérée là-dedans mais c’est un endroit où on peut inventer, imaginer, travailler quand même à faire quelque chose, mais de la formation, pour des adultes, telle qu’on peut l’imaginer que c’est utile ici, sur le quartier. Donc moi je vais travailler sur un peu les questions d’alphabétisation, faire que très vite des cours d’alphabétisation aient lieu et ils ont bien démarré, ils sont très fréquentés, beaucoup plus facilement que par la suite. Enfin les femmes qui arrivent ici vont en cours d’alphabétisation il n’y a aucun problème, et puis on mettra en place toute une série à la fois des cours de formation, beaucoup pour des femmes parce que c’est une époque où les femmes arrêtaient de travailler quand elles avaient des enfants et reprenaient, ce qu’elles ont moins fait par la suite, des interruptions, et donc de revenir au travail, c’est l’époque au niveau national d’Evelyn Suliro (?), alors cette question touche plus les femmes que les hommes. L’organisation de formations de remise à niveau ou de remise à niveau des équivalences de bac enfin un peu à tous niveaux et aussi imaginer que la formation ce n’est pas forcément professionnel, c’est de l’éducation permanente donc on va monter des formations qui aujourd’hui semblent un petit peu farfelus, un peu gratuites, on appelle ça de l’éducation populaire peut-être, mais moi à l’époque on n’a pas utilisé le mot d’éducation populaire, d’autres l’ont utilisés sur le quartier, je pense peut-être au niveau de la culture ou de l’Espace 600, je ne sais pas, le terme est apparu dans le département éducation permanente on ne l’a pas utilisé, et c’est une période où on était beaucoup soutenu et accompagné par Bertrand Schwartz qui est venu très souvent sur le quartier.

En revenant sur projet Vidéogazette comment est-ce que vous le perceviez ?

Je veux c’est normal, on n’est pas… Moi j’ai pas, personnellement je n’ai pas été euh époustouflée en disant c’est fabuleux cette affaire, oui il y a eu, c’est normal il y a un câble, c’est fait pour servir et très vite on se rend compte que ça peut servir à beaucoup de choses, alors ça peut servir à effectivement sur de l’information de quartier : attention les vide-ordures ça fonctionne comme ça, enfin de très basiques, de comment fonctionne ce quartier, les ouvertures de service, qu’est-ce qu’on trouve, où on peut aller, donc de l’info, c’est un média d’informations, mais c’est aussi un outil où des gens diront : “quand même les crèches la ou la santé, nos enfants, est-ce qu’ils vont être en bonne santé sur ce quartier ou comment fonctionne la cantine”, donc les parents qui ont quand même un certain sens de l’organisation un peu comme l’association de parents d’élèves vont vont utiliser cet outil pour animer des réunions où ne viennent quand même pas la foule de gens, et les amplifier, et on fait une réunion il y a 10 personnes, c’est pas si grave. Si tous les appartements peuvent après être inondés, est-ce que les gens ouvrent ou pas, ça moi je ne sais pas si Populus a posé des sondages pour savoir les taux d’audience de vidéo, de la Vidéogazette, mais ça avait ce rôle-là et l’autre jour je voyais, enfin dans les épisodes dont je m’étais bien rappelés, il y avait eu des choses concernant le pédiatre Jean Rollet appelait les minis, alors là je ne sais plus, je perds un peu le nom à l’instant, mais les petites consultations semi collectives, la santé finalement on n’allait pas chacun à la PMI pour amener son bébé et le faire examiner, les parents se mettaient ensemble pour parler des soucis de leur petit, donc c’était une médecine un peu communautaire comme on le trouve, il y avait des aspirations qui venaient du Québec je pense à l’époque aussi, de l’Angleterre pour les écoles, mais du Québec pour… Donc une médecine communautaire, quand l’épisode sur la prévention du cancer du sein, c’était un truc qui a brassé pas mal, en tout cas moi je me souviens beaucoup parce que c’était à la fois une question importante le cancer du sein il était déjà, peut-être moins important qu’aujourd’hui, mais quand même préoccupant, et puis faire une émission là-dessus ce n’était pas si évident, trouver des femmes qui acceptent de se  montrer faisant les examens, il y a eu de la discussion là-dessus : est-ce que c’est bien, pas bien, est-ce qu’on a droit de faire ça. Il y avait une pudeur on va dire qui existerait peut-être encore aujourd’hui, on le ferait aujourd’hui je ne sais pas, on voit les seins sont partout, mais faire ce genre de chose avec une visée pédagogique, c’était pas si facile, c’était même un moment important, enfin qui montrait que l’outil avait bonne, comment… il était légitime.

Vous vous souvenez d’avoir vu ce document ?

Ah oui complètement, je connais très bien, je me suis ressouvenu, Michelle Nibart qui avait été peut-être la première à dire : “ben si il faut, il faut y aller” et oui, ça je me souviens très bien que c’était  une des, enfin un pas le seul mais en tout cas moi je m’en souviens de cette émission, sur les mini-crèches, sur enfin le… Je crois bien qu’il y a aussi, mais alors là peut-être que je fantasme, mais à un moment donné c’était cette période où allait passé une loi sur le démarchage à domicile, alors je ne sais pas si l’émission elle a vraiment eu lieu, mais en tout cas elle a été en projet, parce que comment prévenir les abus de démarchage, des gens qui venaient vendre n’importe quoi à des gens qui en n’avaient absolument pas, ni les moyens d’acheter les trucs, ni l’usage en fait, des appareils ménagers invraisemblable, et donc la la vidéo pouvait aussi servir à ça, une espèce… très utile. Je me souviens moins de grands débats, il y en a sans doute eus, sur l’éducation peut-être. Est-ce que elle a vraiment aidé aux grands débats du quartier et des des enjeux…

Ce type d’émission, sur le cancer du sein, les crèches etc., vous vous souvenez de la façon dont ça fonctionnait ? Comment l’équipe Vidéogazette rassemblait les gens ?

Ah oui trouver des gens qui trouvent l’idée bonne. Soit elle était suggérée par des habitants, il fallait venir avec les gens qui étaient prêts à faire l’émission, soit ça venait plus des instances, le centre de santé par exemple, je pense que ça a été le centre de santé qui est le… comment il s’appelait Weil, qui a pris sa retraite mais qui est toujours à Grenoble. Donc le radiologue c’est lui qui avait cette idée je crois de faire une émission sur le cancer et la prévention possible, l’idée quand même que de la prévention était possible avant même de faire appel à [inaudible] qui se retrouvait un peu tard et ben on en a parlé dans des… Il y avait en fait au tout au démarrage de la Villeneuve la maison de quartier, enfin dès que la maison de quartier était construite, avant ça a dû se passer sans doute dans l’école des Bouleaux, dès qu’elle a été construite, c’était un peu un espèce de forum un peu permanent. Enfin moi je me souviens très bien, c’est quelque chose qui m’a frappé, il y a eu un jour où je me suis dit : ah je peux plus aller à toutes les réunions qui existent sur le quartier, parce que pendant un moment, mais alors je sais pas si on s’occupait un peu de ses enfants aussi, mais on était à toutes les réunions, on avait le sentiment qu’on couvrait, oui on est présent, on sait ce qui se passe et tout d’un coup ce n’est plus possible, parce qu’il y en a trop, comme il y a trop de livres, on ne peut pas tout lire, on ne peut pas tout savoir. Et donc ça nous échappait un peu, mais il restait quand même une espèce de… oui d’une certaine effervescence, c’est-à-dire il y avait quand même, oui bon on va appeler ça des militants, moi je ne me suis jamais appelée militante, mais il parait qu’ici c’était des militants, des gens qui sont un peu toujours là à voir, à se proposer un peu à ça, à être un peu mouche du coche, à proposer des services, à suggérer des choses, ça existe toujours, c’est un peu parfois insupportable, on trouve ça… enfin on aime ou on aime pas selon là où on est. Et je me souviens qu’à une époque à la CSF il y avait eu cette question, enfin c’était déjà un peu plus tard, mais des gens qui disaient : “mais nous on veut bien être, on peut aller aux réunions de parents si c’est une fois par trimestre, mais si maintenant vous nous demandez d’être tout le temps aux réunions ce n’est plus possible non, on jète le gant, on en a marre ou on ne vous suit plus”. Donc il y a eu ce débat un peu des gens qui en font jamais assez, il faut aller chercher des gens pour les faire intervenir, un espèce de devoir de participation et d’autres qui disaient, enfin qui disent : “pfff, bon laissez-nous vivre, c’est déjà assez de d’avoir le quotidien”.

Vous vous souvenez d’avoir participé à des réunions de Vidéogazette ?

J’ai dû participer oui, alors lesquelles, elles ne m’ont pas marquées de façon indélébile mais oui, sûrement oui. Alors sûrement aussi parce que je pense qu’il y a dû en avoir justement pour appeler, pour informer sur les cours d’alphabétisation et donc du coup aller faire une émission sur un des cours d’alpha pour que les gens qui participaient racontent ce qu’on y fait dans un cours. J’ai dû être sur un truc comme ça… Et peut-être aussi, mais alors là c’est plus ténu, avec Rolande Millot on était pas mal branché sur les questions de petite enfance et on a commencé à réfléchir et à faire, alors est-ce que ça a pu embrayer sur la vidéo, ce qu’on appelait à l’époque les dames de service des écoles maternelles, elles n’avaient pas titre, après elles se sont appelées ATSEM, Agent technique spécialisé d’école maternelle, ATSEM quoi, alors elles ont eu un titre, après elles ont eu un diplôme, mais à l’époque c’était un recrutement de gens, comme ça se présente, c’était embauché par la ville et on a eu très vite l’idée que ce personnel qui n’était pas formé, il y avait toute raison qu’ils aient aussi droit à la formation comme les instits à l’école, c’est-à-dire qu’on a dû essayer de faire des choses, mais est-ce qui en a eu des traces dans la vidéo, je n’en sais plus trop rien.

Est-ce que vous avez des souvenirs de la relation entre les habitants, les usagers et l’équipe professionnelle. Parce qu’il y avait cette distinction ?

Non honnêtement c’est difficile parce que je ne pense que je vais projeter beaucoup de… bon je vous ai dit tout à l’heure l’expression de grande gueule, je pense qu’il y avait cette espèce de, oui, d’amusement, de plaisir des animateurs à jouer aussi un rôle, mais ce n’est pas négatif, je pense qu’ils s’amusaient aussi en travaillant. Donc ils s’amusaient, par moment peut-être que la cause qu’ils étaient censés défendre passait un peu au deuxième plan. Mais je n’ai pas le souvenir de mauvaises relations, c’était plus, beaucoup plus tendu au niveau des écoles par là, sûrement, qu’au niveau de la vidéo, mais peut-être aussi les écoles ont concerné tout le monde, enfin tout le monde, tous les gens qui ont des enfants, mais ça fait quand même beaucoup de monde à la Villeneuve, beaucoup de ménages avec enfants. La vidéo on pouvait quand même rester un peu plus éloigné même si elle était censée venir dans les appartements, on ne vous obligeait quand même pas, on n’était pas obligé d’avoir son truc ouvert.

Vous n’habitiez pas ici, vous ne regardiez pas les programmes ?

Non non je ne regardais pas, mais je venais les regarder ici, j’avais des copines [rires], mais j’y passais pas non plus tout mon temps. Mais j’étais souvent quand même par mon boulot, j’étais quand même beaucoup là, par nos enfants puisqu’on avait nos deux petits puis il y en avait un troisième qui a inauguré la crèche justement, la crèche du 40, il était à la première fournée donc, entre les réunions pour la crèche, on avait le dossier je crois numéro 30 au centre de santé de quand on était centre de santé, on était quand même usagers, de pas mal de choses et en même temps moi ce qui m’a toujours frappé, puisqu’en étant avenue Marie Raynoard, donc de l’autre côté de ce qui est aujourd’hui le tram, qui n’existait pas à l’époque, mais de ce côté, pas dans le Village Olympique en fait, nos enfants avaient été tout au début à la maternelle du Village Olympique. On avait été branché sur le centre social sur le Village Olympique et quand l’Arlequin se construit, on rebascule pour les usages de l’autre côté, et ça m’a frappé comme la coupure absolument incroyable du démarrage, alors qu’en fait, théoriquement il y a une passerelle, c’est un peu les mêmes populations, il y a des équipements, enfin l’esprit Village Olympique n’est pas non plus complètement arriéré par rapport à l’esprit d’avant-garde de Villeneuve. Mais il y a vraiment cette coupure, elle a existé, enfin on se tourne d’un côté ou de l’autre et avenue Marie Raynoard un certain nombre de parents ont laissé leur enfants à l’école du Village Olympique. Nous on a fait le choix de les mettre quand même de ce côté-là, on pouvait jouer encore, mais la coupure elle a été un peu consommée du démarrage et bon, je trouve extrêmement dommage.

Pour la vidéo il y avait des projets d’extension du câble.

Oui, parce qu’en fait théoriquement il y avait Villeneuve Grenoble-Échirolles. Nous quand on est venu à Grenoble, des gens qu’on connaissait, qu’on avait connu à Lille qui étaient déjà là, Pierre Masse qui travaillait à l’Agence d’urbanisme ici, nous avait fait une description comme quoi le centre, Grenoble allait déplacer son centre et que l’Arlequin allait être le centre de Grenoble-Échirolles. Ben c’est pas tout à fait ce qui s’est passé mais [rires]…

Est-ce que vous avez des souvenirs de ces émissions de débat, comme l’Agora, qui se déroulaient ici ?

Alors moi je me souviens d’être venu assister, mais honnêtement il n’y en pas qui qui m’ont laissés des souvenirs impérissables.Mais sur le moment c’était bien, c’était sûrement d’aussi bonne valeur que les débats qu’on voit aujourd’hui sur les chaines nationales [rires].

Vous n’avez jamais participé ? Vous n’avez jamais eu envie de tenir la caméra ?

Alors non, moi j’ai fait des choses plutôt en photo avec le Centre AudioVisuel, mais en caméra je n’ai jamais… oh non c’est peut-être maintenant que l’avenir m’appartient.

Est-ce qu’à l’époque l’idée dont le quartier était représenté par les médias était importante ? Je pense par exemple au Dauphiné Libéré ou à d’autres médias.

Pour moi ce n’était pas une grande préoccupation, la façon dont on parlait des choses, je crois qu’on était plus préoccupé par ce qu’on faisait que ce qu’on en disait. Mais il est probable que les professionnels étaient quand même assez alertés là-dessus, je pense que l’équipe Renaudin et compagnie, l’architecte, tout ça, pour eux c’était quelque chose de sûrement important. La façon dont on parlait, dans l’Éducation nationale, au rectorat ou à l’inspection académique de la Villeneuve, ça c’est vrai que tout de suite ça a été quand même très prégnant par une espèce de réticence, du côté des institutions. Alors ça a dû être différent du côté de l’action sociale, les institutions ne sont pas les mêmes, du côté de l’action sociale je pense que c’était assez positif, du côté de l’éducation il y a immédiatement eu de la réticence et de la réserve et ça pour le coup ça s’est un peu heurté parce que je pense que Raymond Millot est quand même une personnalité assez forte et que beaucoup de choses lui étaient, et sans doute à juste titre, insupportables dans la façon dont on parlait de la Villeneuve. Et c’est vrai que tout au fil du temps ça a continué cette espèce de regard, quand même on peut dire a priori quand ça vient de gens qui n’ont jamais été voir, après on peut ne pas pas adhérer, on peut ne pas être d’accord, on peut débattre, mais il y a quand même eu des a priori assez rudes du côté de l’éducation, et du coup ça a sûrement amplifié des inquiétudes des parents aussi. Mais peut-être qu’on n’a pas non plus sû assez accepter les réserves aussi, c’est que cette espèce, je ne sais pas si on peut appeler ça d’être un peu doctrinaire mais, très… Je pense qu’il y a eu, mais alors c’est pas lié à la Vidéogazette, une difficulté à accepter la critique, et l’entendre et puis après, voir si on peut y remédier, si elle n’est… enfin on ne peut pas l’accepter mais quand même il y a eu, alors bon on ne peut pas lier ça à la Vidéogazette, cette espèce d’enfermement quand même, c’est peut-être choquant de dire ça parce qu’on va dire au contraire c’est un quartier bien plus ouvert que pleins d’autres, c’est vrai mais il y a une façon quand même de croire que tout peut se passer là, et le tram a sûrement désenclavé et puis on est dans la ville, on est à 5 minutes, faut pas exagérer, mais n’empêche qu’il y a un espèce, quand même… et est-ce que la Vidéogazette y contribuait ou au contraire permettait de lever cet obstacle. Jje pense que ça n’a pas duré assez longtemps pour pouvoir le… ça n’a porté tous ces fruits, c’est beaucoup trop court, une expérience comme ça, ça doit s’étaler sur une génération et plus.

Il y a eu beaucoup qui étaient organisés.

Peut-être qu’à un moment donné on est tellement saturé de débat qu’on les a un peu mis dans un coin. Mais moi j’ai le souvenir de beaucoup de débats c’est vrai, mais je n’ai pas spécialement le souvenir que la Vidéogazette y contribuait, alors peut-être du fait qu’effectivement moi je les revoyais pas les émissions, j’y participais mais je voyais pas après ce que ça peut [inaudible].Mais est-ce qu’on sait aujourd’hui le nombre de gens qui regardaient, enfin hors ceux qui participaient, combien on avait, pas les sondages magnifiques qu’on a aujourd’hui [rires].

Il y a en eu un qui a été réalisé et les chiffres sont un peu décevants.

Même aujourd’hui je vois quand il y a des débats quelques fois on dit, moi je reviens d’une réunion, je veux dire il n’y avait personne : “ah mais si il y avait, on était au moins 20”, pour un truc, pour un débat qui a priori concerne tout le monde je trouve que c’est ridicule mais en fait 20 personnes c’est peut-être très bien, c’est peut-être beaucoup, c’est peut-être très bien.

Une des choses qui revient souvent c’est qu’il y avait une coupure entre les militants et les habitants, notamment les habitants issus de l’immigration.

Maintenant je dirais qu’on a une queue, un reste de ce qui a existé mais même à l’époque, enfin bon au démarrage au moment où il y a le plus de mixage, de mixité, les gens les plus partie prenante sont quand même effectivement des militants. Moi c’est un moment où j’ai dû mal parce que je me suis jamais sentie militante et après c’est des gens qui m’ont dit que je l’étais, mais c’était… [silence] Mais si on prend après, peut-être pas pas géographiquement, mais par école ou par thème sur la santé ou sur le sport, qu’est-ce qui se passe dans les gymnases, les gens d’origine étrangère étaient quand même je pense relativement présents, et je pense plus facilement, mais moi je suis très frappée de voir la façon dont, enfin j’ai passé pas mal de temps quand même au bord des toboggans, des balançoires, on a eu d’autres enfants, on a eu 5 enfants donc on a eu le temps de fréquenter, je veux dire il y avait une espèce de… c’était plaisant, oui c’était plaisant. Alors il faut quand même dire qu’on a évidemment changé d’âge ou qu’on ne ressent pas la même chose, mais les usagers des balançoires aujourd’hui, enfin les atmosphères autour c’est un peu plus pesant, on sent que, enfin on n’est plus dans la même société c’est sûr, après la société française a changé et le quartier a changé de ça, et bon je le dis un peu crûment comme ça mais les femmes étrangères qui venaient dans nos cours elles étaient toutes à visage découvert et sans aucune réserve, peut-être qu’il y en avait qui ne pouvaient pas venir mais ce n’étaient pas des choses qu’on se disait, enfin qui apparaissait.Aujourd’hui on sait que faire venir en cours c’est plus compliqué quand même, même s’il y a la demande, même s’il y a quelque chose d’un peu… On était aussi dans cette période 70, enfin aussi l’arrivé d’une immigration latino qui a donné un peu de l’effervescence et une certaine… bon Dieu sait que les gens avaient vécu des choses absolument horribles, mais il y avait cette espèce d’allégresse de danse, de chant, de musique, enfin elle était prégnante sur le quartier.

Et vos enfants ont eu des activités au Centre AudioVisuel ? Pour vous c’était important ?

Alors ils n’ont pas été dans les plus présents, mais si, j’avais la photo d’un petit, un tout petit bonhomme, il est pas bien grand, il a 7-8 ans et c’était un stage de photo, c’est avec les mains, ils avaient des appareils photos, ils prenaient des photos du quartier. Donc on a une fille aussi, bon ils ont été plus dans les équipements sportifs sans doute que sur l’audiovisuel, mais ils y sont quand même été par l’école, c’est avec l’école quand même, enfin le vecteur pour venir au Centre AudioVisuel comme elles étaient pour aller en bibliothèque enfin tous ces équipements qui étaient intégrés aussi, faut se rappeler aussi que le démarrage du quartier c’est la bibliothèque de quartier, c’est la bibliothèque du collège, le jour où on veut plus que ce soit la bibliothèque du collège parce que c’est très compliqué, voilà, on coupe. Le jour où le restaurant de quartier n’est plus… pardon le restaurant du collège, aussi restaurant de quartier, on brasse les choses d’une certaine façon, ça me revient maintenant, mais le fait qu’on pouvait, on allait manger, et sans avoir des revenus extraordinaires, les parents pouvaient aller manger, aller au resto, maintenant ils peuvent aller au Barathym c’est vrai mais c’est pas tout à fait la même chose que d’aller avec tous les enfants.

Quelle regard vous portez aujourd’hui sur ce choix de venir ici et de participer à cette aventure ?

Moi j’aime mieux la mer [rires]. Non mais c’est comme ça. Ce n’est pas Nantes. Non mais moi je ne regrette pas du tout, mais je pense que dans tout lieu on peut trouver du grain à moudre, mais c’est vrai qu’on a quand même été très favorisé, enfin moi je le vois, professionnellement par exemple, le fait d’avoir toutes les écoles à portée de main, enfin à portée de pied, c’est-à-dire que nos enfants très vite ils ont été à l’école tout seuls. Donc nous n’avons pas été comme des parents qui se doivent de faire des conduites d’école depuis je ne sais pas. Et ils ont été très autonomes, il y a eu aussi une sociabilité, alors on a déménagé après, on a tourné quand la famille était un peu nombreuse on a changé, donc on est allé de l’autre côté du parc, le quartier des cadres, des ingénieurs. Mais il y a eu une sociabilité je pense qui était quand même extraordinaire pour les enfants, et je ne suis pas sûr qu’aujourd’hui ça soit aussi facile, je vous le dis parce que je vois, j’ai des petits-enfants, j’ai un fils qui habite ici, je voyais des petits enfants dans une école, les parents accompagnent, c’est-à-dire il y a une espèce d’inquiétude enfin on ne laisse pas ses petites, je vois pas beaucoup de petits loupiots qui traversent le parc. Nous nos enfants ils traversaient le parc, après quand ils ont changé d’école. Donc c’est quand même une période, une vie facile, on a eu quand même dans l’ensemble de très bons instits et des expériences pédagogiques qui valent le coup. Sur sur l’habitat écoutez oui, c’est une belle expérience, mais personnellement j’ai toujours aussi eu le soucis, j’allais dire tous les pieds dans le même sabot, je veux dire que mon boulot sorte aussi un peu de ça, que nos enfants aillent voir ailleurs, enfin je trouve un peu pénible par moment un certain enfermement sur la Villeneuve où l’acharnement, où que quarante ans après on n’accepte pas que le monde a changé. Voilà donc, mais c’est bien.

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